Saturday, March 28, 2009

lieux

chaque nom de lieu
est
marqué
dans le souvenir
définitif
par la couleur
et l'odeur
...
(bleu du ciel et rouge et ocre)
l'odeur de peinture
de thé vert

(di te)

...
(gris)
l'odeur de vieil appartement italien
(il y a une odeur de vieil appartement italien)
de banlieue
rouge/bleu/jaune
de grande (de très grande) ville

par les formes et les lieux d'autres temps

le prunier du Japon lourd de fleurs
le magnolia

le Jardin des Plantes

la faculté d'architecture

et encore.

Wednesday, March 25, 2009

Après

Ce soleil trompeur (couve) une colère sourde. 
Or dé
noué. 

Tuesday, March 24, 2009

Vestiges

Cet espace clair qui est notre seul refuge.
Cet espace imprenable.
Le vide fait à petits coups de dents
sur des draps froissés. 

Sunday, March 22, 2009

Lexique personnel

Qu'une fois on se trouve peut-être. Que deux fois on se retrouve, alors.
Etrange moment où toi deviens je deviens il devient elle.
A nouveau.
De
Re
Te
Où tout se dissout, et tout recommence.
Où tout n'a plus de nom, de visage, où.
Où tu se tait, ou je se jette, où il ne noie, où elle s'élide.
La réalité n'a que du nom,
son nom n'a rien de vrai,
de son approche, furtive,
son pas
s'émeut
se dit
se répète
s'appelle
se plie

Tout dans la langue syncopée de chuintements, de bruit de pas traînés sur le sol, de frissonnements de peau, d'eau d'une douche, de silences attendris, rêveurs, endormis, notre lexique personnel.

Friday, March 20, 2009

Exactement, rompre le silence, ce qui veut dire : appeler à ton aide, le dieu impénitent.

Thursday, March 19, 2009

(pluie)

Je regardais nos pluies tomber. Et des photos d'il y a longtemps, dans la lumière couleur de jade, floues de cette lueur jamais vue, d'il y a tellement longtemps que je ne pensais plus en faire partie, que ce n'était pas moi, mais un autre, ni nous, mais des autres. En faire partie de cette vie là, de ces paysages d'une lumière jamais vue ces temps-ci qui sont si aveuglants, si jetés vers notre avenir, que notre temps veut dire ce présent, ce nous léger, impermanent, qui d'un coup d'humeur semble, d'un coup d'aile, s'enfuir, d'une attente, d'un oreiller mâché, d'une boîte de médicaments, mourir. C'était là notre seule résistance contre l'oubli, la mise en image du silence. Ces murs partout, érigés comme monuments, comme de verre ou de gommes, ceux de mon labyrinthe, de notre complaisance. De mon sens du romanesque. De mon sens de la justice. De mon sens de l'indignation. Je regardais nos pluies tomber. Et la bulle formée par nos souffles, flottante selon les vents, heurtée, précaire, prête à éclater à tout moment, mais élastique et résistante, irisée de toutes les nuances du coeur, notre cercle comme le premier de tous les cercles où l'angoisse s'agrandit en vagues concentriques jusqu'à toucher les dimensions de l'univers. Les fils qui s'entremêlent, où coule la pluie, du tram pour venir chez toi, que je pris seul pour la première fois il y a un mois, dans celle qui est devenue (aussi) ma ville. Ma facilité, aussi, à considérer tous les lieux comme miens du moment qu'aucun ne l'est vraiment, et que je suis, toujours, dédoublé. Les draps nos filets de larmes. Notre île notre seule, petite, dans les flaques du temps. Nos souvenirs comme des simulacres d'une réalité revenue à l'inexistence, notre seule, simple sensation. Herbe humide, lit chaud, cheminée crépitante, cigarette qui brûle. Sucre, sel. Gouttes après gouttes nos pluies tombaient, des flèches, des filets dans lesquels nous nous sommes enlacés et enveloppés. Comme pour nous cacher de quelque chose, de quoi, non la nudité, mais comme la conscience de notre imperfection d'essence, de notre perpétuelle impermanence. 

Monday, March 09, 2009

Il le comprit trop tard (ou peut-être juste à temps), par hasard, exactement, par hasard.
Une seule mouette traversa le morceau de ciel découpé par ma fenêtre, lente, comme un cerf-volant. 
Je tournai la page enième de l'infini, l'infini à notre portée de main. 
 

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