Une vibration concentrique dont le nom m'échappe.
L'image : le canal aux heures du soir, lisse, reflétant les lumières rondes sur les rues.
Une promenade qui ne mène nulle part, un chemin pour cheminer.
Le passage d'un métro lumineux, toujours la même fascination.
Au centre, la pulsation vibrante qui s'est éteinte depuis longtemps.
Au centre, l'absence de centre.
Un morceau de paysage arraché à l'espace, à la mémoire, qui revient, comme un reflet sur une grande baie vitrée, et que je ne reconnais plus
-- déjà ?
Sunday, November 16, 2008
Monday, November 03, 2008
jusqu'à l'éclipse
Mon ombre suivait son ombre, son ombre suivait la mienne, nos deux ombres marchaient d'un commun accord. Et ça se voyait, dans la carte du ciel - on aurait pu tracer la courbe folle de deux satellites jumeaux et opposés. Miroirs convexes qui se renvoient à l'infini leur propre anamorphose. Et je tendais la loupe, le miroir, la coupe. Le sang ne coulait que bleu, frais, comme l'encre de ses lèvres. L'ombre qui s'y creusait avait aussi la pâleur de l'autre - dont le visage m'apparaissait en rêve cerné de bleu clair, électrique, et les yeux limpides dans la folie, les dents aiguisée, non, il n'y avait pas de visage -- ni un visage, ni un regard -- dans ce rire je le rejoignais bientôt, je me réveillais à peine, le monde avait déjà recommencé. Ma pensée entrelacée à la sienne, elles gravitaient, traçant toujours la même boucle -- je tire, tu laisses, je tresses, tu noues, je détends, tu lisses, j'inspire, j'expire, tu dénoues. Je coupe. Nous nous regardions graviter -- comme des astronomes nostalgiques. Comme des hommes d'un autre temps. Mon ombre suivait son regard, son regard suivait le mien, il était bleu et gris, brillant comme une ardoise par le soleil de novembre, quand les feuilles n'ont plus fini de tomber et avec elles la pluie.
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