Friday, October 24, 2008

C'étaient des jours lisses et pleins d'aspérités. Le ciel était bleu, bleu délavé. Déjà -- c'était la fin d'octobre. Mes promenades me conduisaient loin des territoires connus, dans des espaces définitivement autres, boutiques où les couleurs devenaient fades et brûlées, rues où l'agression était constante, quartiers où la tristesse était gravée sur les murs, décalquée sur le visage des gens. Paris dans paris, la ville dans la ville, les non lieux, les zones, à parcourir -- à se perdre. A vélo ou en train, à pieds, en taxi, le jour, la nuit, surtout. Oui, surtout quand le lieu s'assombrit ou se couvre de vague, de brume ou de brouillard, d'espérances affamées. De soif et d'ennui, j'étais parfois assis dans des lieux improbables à attendre que le spectacle commence, c'était quand je me prenais pour un spectateur du reste du monde ; l'illusion parfaite : tout est à voir du bout de la lorgnette. Lever de rideaux. C'étaient des jours lisses et brisés. Le ciel était en verre poli. Déjà -- . Lieux que j'avais l'impression de connaître déjà, comme si j'y avais vécu dans un autre temps. Et on dira de ce temps que c'était du temps parfait. On dira nos souvenirs sont parfaits, glacé. Rien d'un oubli, tout en ordre. Ce n'est pas si difficile, tu vois. Mon ordre, notre ordre, nouveau. Une seule ligne. Fondu dans le soleil, aspiré, par la même pesanteur, quadrillé, disons : lignes claires / c'est nous. Les avenirs pliés dans nos poches, les joies dévorées, s'y jeter et les yeux grands ouverts, si on sait s'y retrouver, et puis, à nouveau, les cauchemars, et je n'écoute plus personne.

Friday, October 10, 2008

C'est un silence qui ne s'arrête que quand tu chantes.

Comment aimer à volonté à la taille à la mesure du véritable amour ? Comment lui donner son droit. Son espace. Sa grandeur. C'était exactement ça, le continent noir, l'univers, et parcouru par tout ce qui bouge, tout ce qui vit, tout ce pousse, tout ce qui aime. C'est le réveil lent, douloureux, d'un temps de latence, de recherche, et de chute sans fond. C'est à chaque fois différent. Et pareil. Et doux. Et dur. Toujours. On attend, et puis, on s'étonne. On s'expose. On se blesse. On se met en péril. On se retrouve. On se perd. On se cherche. On se charge. On se perd. On s'étonne, et on attend. Que ça passe. Que ça vienne, que ça revienne. On a la nuit devant soi et la passé qui dégringole. Et puis les temps changent. Et puis c'est l'envol. Un envol d'oiseaux noirs dans un ciel bleu. On n'a rien inventé. On peut l'appeler comme on peut. On peut dire : violence. On peut s'amuser du mot. On peut le trouver exagéré. Et c'est là, quand même, exagéré, immense, la violence, ou la douceur, réversibles et dans un même élan. On peut dire : amour. C'est aussi la haine, ou le détachement, l'amour. La chaleur et la glace, même douleur. Comme un moment de frisson dans les feuilles jaunes et dorées brillantes de pluie et de soleil. De moment en moment, d'un souffle à l'autre ravi à tes lèvres, ou d'un regard taillé en V ouvert dans le satin d'un soir. Comme la promenade, perdue, boulevard. Et les temps reviennent. On tourne, tu vois, dans un espace qui se dépeuple, qui est l'espace de la vie, de nos vies, un seul grand couloir où on ne fait que se croiser. C'est un silence qui ne s'arrête que quand tu chantes.

Wednesday, October 01, 2008

à l'orée de son nom, il y avait d'autres noms qui rayonnaient d'une lueur verte, semblable à celle du dernier rayon juste avant la disparition du soleil.

Le rayon vert je ne l'ai jamais vu je ne me souviens que du reflet de lune glissant sur le verre.

De l'orbe rouge, au dessus de la route.

De toutes les éclipses.

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