Thursday, December 11, 2008

reste

Et suivre ses pas et sentir qu'ils vont sans moi. Suivre ses pas sans regarder ni en arrière, ni en avant, vers ce qui n'est plus, vers ce qui n'a pas de visage. Sentir une morsure puis une caresse. Savoir qu'il n'y a rien à faire et que ça va. Entendre leurs voix. Connaître les occupants de la chambre intérieure. Tour à tour ils viennent ils prennent mon visage et ma parole, se placent à ma place, occupent la vacance. Et voir la lumière blanche si tranchée qui s'arrondit dans les replis des couloirs. Sentir le froid si vivace qu'il tord chaque ligne. Voir ce qui rêve d'être, voir la latence, l'inachevé, l'inactuel, l'ébauche. Entendre le murmure, le frémissement, saisir les détours, les attentes. Apprendre l'imitation de la lumière. Sentir l'avancée imperturbable des saisons, l'écoulement sans discontinuité. Sentir qu'infiniment je reste qu'infiniment tu restes qu'infiniment nous restons.

2 commentaires:

Pixel bleu said...

Et donner les mots en contour

Ode said...

Ce serait beau, tous ces mots, réunis dans un livre ! Peut-être y pensez-vous !

Archive