Friday, October 10, 2008

C'est un silence qui ne s'arrête que quand tu chantes.

Comment aimer à volonté à la taille à la mesure du véritable amour ? Comment lui donner son droit. Son espace. Sa grandeur. C'était exactement ça, le continent noir, l'univers, et parcouru par tout ce qui bouge, tout ce qui vit, tout ce pousse, tout ce qui aime. C'est le réveil lent, douloureux, d'un temps de latence, de recherche, et de chute sans fond. C'est à chaque fois différent. Et pareil. Et doux. Et dur. Toujours. On attend, et puis, on s'étonne. On s'expose. On se blesse. On se met en péril. On se retrouve. On se perd. On se cherche. On se charge. On se perd. On s'étonne, et on attend. Que ça passe. Que ça vienne, que ça revienne. On a la nuit devant soi et la passé qui dégringole. Et puis les temps changent. Et puis c'est l'envol. Un envol d'oiseaux noirs dans un ciel bleu. On n'a rien inventé. On peut l'appeler comme on peut. On peut dire : violence. On peut s'amuser du mot. On peut le trouver exagéré. Et c'est là, quand même, exagéré, immense, la violence, ou la douceur, réversibles et dans un même élan. On peut dire : amour. C'est aussi la haine, ou le détachement, l'amour. La chaleur et la glace, même douleur. Comme un moment de frisson dans les feuilles jaunes et dorées brillantes de pluie et de soleil. De moment en moment, d'un souffle à l'autre ravi à tes lèvres, ou d'un regard taillé en V ouvert dans le satin d'un soir. Comme la promenade, perdue, boulevard. Et les temps reviennent. On tourne, tu vois, dans un espace qui se dépeuple, qui est l'espace de la vie, de nos vies, un seul grand couloir où on ne fait que se croiser. C'est un silence qui ne s'arrête que quand tu chantes.

1 commentaires:

Ode said...

J'ai parcouru les textes de votre blog comme on ouvre une boite à bijoux fermée depuis longtemps.
C'est beau, ça luit doucement.
Merci.
Ode.

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