Friday, September 26, 2008

J'ai appelé son nom. J'ai répété son nom. J'ai dormi endormi du sommeil de son nom. De son nom d'avant, de son nom d'après. De son nom réel, de son nom imaginé. De son nom secret.
Je me suis réveillé à l'aube de son nom absent. J'ai oublié son nom. Ou non, ce n'est pas un oubli, c'est une absence - c'est un mot sur le bout de la langue.
J'ai réappris et j'ai oublié à nouveau. J'ai défait son nom, pour retrouver le premier, la langue maternelle ou paternelle, celle d'avant, d'avant l'avant. Celle réelle, celle imaginée, celle qui est dans le secret.
La langue de ma langue, celle de ma peau.
J'ai caressé son nom sur le cuir noir, sur la page blanche, sur le mur beige, sur le ciel bleu. J'ai couvert tous les noms de son nom.
Le nom je l'ai oublié puis je l'ai retrouvé comme la lettre accrochée à mon mur, à sa place, chaque mot dans un ordre parfait.
J'ai répété son nom, il s'est divisé en tant de noms qu'aucun n'était complet, aucun n'était satisfaisant.
Je l'ai perdu. Je l'ai appelé. Je l'ai répété.
J'ai recommencé.

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