Sunday, October 28, 2007
A midnight summer dream
# J'ai posé mes pieds à nouveau sur la terre natale. La mer natale semble fraîche. La brume lourde, grise, couvre les falaises, comme un baiser coule sur les paupières. Je...Io... C'est ça, muer de forme, changer de couleur, naître à une autre langue.
# J'étais, je suis définitivement l'Etranger. Celui Qui est Etranger.
# Dans ce Pays noir, dans cet été blanc, j'entre, comme j'entrais hier dans le vide des terres intérieures de la Sicile - arbres noirs, brûlés, champs vides, villages déserts - & joyeusement je m'aventurais dans les mondes intérieurs de l'île, pliés et repliés, fleuris, baroques - & ensemble nous entrions en rêve, en théâtre (Nos rôles : l'Etranger, le Prince) C'était Shakespeare & la pièce s'appelait Peines d'amour perdues. Ironie du sort, pensé-je, ou pensais-je. Une pièce peu connue, d'une élégance délicate, précieuse. Théâtre de pierres, grec, près de la mer. Il y a une italienne blonde, minaudière, une starlette, dans le rôle de la Princesse, &, si près, le Prince d'Agrigente. Un italien brun, élégant, si excessivement, si outrageusement élégant, que son élégance frôle la vulgarité.
& la mort. L'élégance, poussée à son extrême, a un parfum de mort. On se disait ça, hier - ou était-ce avant-hier ? - on se disait qu'il y avait de la mort. Paillettes des Champs Elysées, danseuse en noir et strass, sur le podium de la Nuit. C'était la distribution de la mort. C'était Anne Marie Stretter. Au bal de S. Tahla, Anne Marie Stretter, Eve marine brûlée de rousseur. C'était Elle.
L'Enfer & le Paradis sont brûlés de rousseurs et de luminances violettes.
J'arrive dans les intimités rouges de l'île, dans le coeur volcanique du rêve.
Monday, October 22, 2007
Prière de rêver
Le KOLLOK débarka d'un coup par la petite porte à la dérobée et je fus surpris. Je rouvris l'Oeuvre qui désormais s'empilait négligemment partout avec une sorte de perdition. Des quantités de Zitazions. Je regardai alors les aktes du Kollok récent acheté à l'Harmattan après Hiroshima. Comment-pensais-je, aller à cela ? Milliers et milliers de pages, de quoi faire trembler tout Kagneux.
"J'habite, j'habitai toujours deux pays, le pays diurne et le pays continu discontinu très tempestueux nocturne." (Rêve Je te dis) J'accrochai mes post-its sur le mur au dessus de mon lit en espérant une inspiration hyperpuissante telle que seul M pourrait m'inspirer par thélérêverie. M ! Que la seule lettre, comme dans un manga bien connu, se dise, et idée même et suave de toi, s'évapore, absent de tout bouk-é !
Envoie-moi un dé, une clé, une pomme, une orange, un rutabaga ou un topinambour, bref, quelque chose qui déroule soudain l'emmêlement paralytique de mon cerveau !
Ce sont des Superstitions. Et alors ? A Kamakura toutes les superstitions étaient autorisées. C'était un temps de chaleur, un temps d'or, et jamais je ne me déprendrai du souvenir de Flavia souriante avec l'ombrelle bleu clair.
CE n'est pas FINI. Bientôt seulement. Cet après-midi chez mes grands parents j'eus des révélations transitoires et je me dis que je gâchai mon temps. Le ciel était tendre d'un bleu tué de nuages filés, blancs. Je gâchai mon amour. Le temps passait. Je gâchai tout. Je perdais. Je perdais tout le monde autour de moi et il fallait se presser grapiller chaque instant avant la mort. VOILA, un instant authentique en pur style Sein und Zeit. Il fallait demander, encore, quémander, à la Vie un peu de vie, à la vie un peu de Vie. MAIS oui, mais, moi, mais, les autres, mais, trop vite, mais trop trop vite.
STOP. C'était dans l'endroit immémorial et calfeutré du manoir normand où je dormais, où je rêvais sans rêver, où j'étais dans les escaliers d'Escher, tournant au rond, du grenier aux mesanges jusqu'à la tombe du chat près des arbres noirs, j'entrouvrais les rideaux rouge framboise : c'étaient les champs de blé, jusqu'aux horizons fades du lever du jour à Deauville, des champs de blé et de betteraves bleues, et dans la brume, plus loin, c'étaient les rives du Mékong. Et, au loin, la forêt très blanche d'Hyperrêve. Grand-mère avait lu le Prière-d'insérer. Elle avait dit, oui, c'est bien écrit, mais c'est impudique. Y a des choses qu'il faut pas écrire. MAIS où s'arrête la pudeur ? Ce que je me demande souvent en consignant au blog mes états-d'âme de plus en plus cryptiques. ET OUI, là, je me disais, lors d'une conversation rompue, qu'il fallait écrire, que les LETTRES arrivaient, finalement, mais avec retard, mais avec différence, mais avec distorsion, MAIS elles arrivaient quand-même, quand-même-toujours, et je voyais l'ange aux yeux brillants et je pensais : des lames ? Moi je n'ai jamais pleuré d'amour. Jamais ? Si. Peut-être. Je ne sais plus. Si! Je sais... je sais mais je fais semblant de ne pas savoir. Bref : "Or c'est en ces temps-là, au moment où tout est perdu que je trouverai enfin la réponse à la mort, le chemin du bonheur dans la douleur : c'est autre-chose-qu'un rêve, c'est l'hyperrêve"
Saturday, October 20, 2007
Les vagues.
Les vagues battaient le quai. Des jets blancs s'éclatèrent contre les passants emmitouflés. Ils furent emportés dans la joie, comme des fantoches, et roulèrent tout en bas, dans les rochers coupants.
Je décidai de me marier le jour d'anniversaire de la mort de mon père. Mais, très tôt, il fut trop tard. Sur le sable, on trouva mon corps noyé. Le soir même il y eut des feux d'artifice pour la Sainte. J'aurais aimé, encore une fois, dormir, et me réveiller dans une mer calme, blanche, dans le lit d'un ami. Voir le château. Aller dans les champs. Se promener près d'un fleuve qui ressemble à tous les fleuves du monde. L'entendre chanter dans les joncs, dans les herbes bleues, couché près de lui entendre sa voix minérale. Et chasser les cauchemars d'une violence inouïe. Et chasser les oiseaux prédateurs. Les vagues restent en surface, mais l'océan n'a pas de fond.
Thursday, October 18, 2007
l'éléphant s'évapore
d'un ton apocalyptique naguère employé...
Je m'endors. Hier sans le faire exprès quasiment je m'agrafe sous l'ongle et je comprends la douleur des tortures chinoises. Aujourd'hui je m'évanouis aux autres. Je manque à la voix téléphonique. Je manque à la tâche. Je suis distrait. Je m'endors souvent.
Je suis très pasticheur. Pastiche.
Pasticcio, en italien, la petite catastrophe.
Pastizio, en grec, le gâteau.
Il y a.
... je suis hanté.
Je m'endors. Hier sans le faire exprès quasiment je m'agrafe sous l'ongle et je comprends la douleur des tortures chinoises. Aujourd'hui je m'évanouis aux autres. Je manque à la voix téléphonique. Je manque à la tâche. Je suis distrait. Je m'endors souvent.
Je suis très pasticheur. Pastiche.
Pasticcio, en italien, la petite catastrophe.
Pastizio, en grec, le gâteau.
Il y a.
... je suis hanté.
Sunday, October 14, 2007
Tuesday, October 09, 2007
Les Grands (Pé-)pères de la philosophie
*
Eros
...D'abord il est toujours pauvre, et, loin d’être beau et délicat, comme on le pense généralement, il est maigre, malpropre, sans chaussures, sans domicile, sans autre lit que la terre, sans couverture, couchant à la belle étoile auprès des portes et dans les rues ; enfin, comme sa mère, toujours dans le besoin. Mais, d'autre part, selon le naturel de son père, il est toujours à la piste de ce qui est beau et bon ; il est mâle, hardi, persévérant, chasseur habile, toujours machinant quelque artifice, désireux de savoir et apprenant avec facilité, philosophant sans cesse, enchanteur, magicien, sophiste. De sa nature il n'est ni mortel ni immortel ; mais, dans le même jour, il est florissant et plein de vie, tant qu’il est dans l'abondance, puis il s’éteint, pour revivre encore par l'effet de la nature paternelle. Tout ce qu’il acquiert lui échappe sans cesse, en sorte qu’il n'est jamais ni riche ni pauvre....
*
Du corps à l'âme
...Des actions des hommes il devra passer aux sciences, pour en contempler la beauté ; et alors, ayant une vue plus large du beau, il ne sera plus enchaîné comme un esclave dans l'étroit amour de la beauté d’un jeune garçon, d’un homme ou d’une seule action ; mais, lancé sur l'océan de la beauté, et repaissant ses yeux de ce spectacle, il enfantera avec une inépuisable fécondité les discours et les pensées les plus magnifiques de la philosophie, jusqu’à ce qu'ayant affermi et agrandi son esprit par cette sublime contemplation, il n’aperçoive plus qu’une science, celle du beau.
Prête-moi maintenant, Socrate, toute l’attention dont tu es capable. Celui qui, dans les mystères de l'Amour, se sera élevé jusqu’au point où nous en sommes, après avoir parcouru dans l'ordre convenable tous les degrés du beau, parvenu enfin au terme de l’initiation, apercevra tout à coup une beauté merveilleuse, celle, ô Socrate ! qui était le but de tous ses travaux antérieurs : beauté éternelle, incréée et impérissable, exempte d'accroissement et de diminution, beauté qui n'est point belle en telle partie et laide en telle autre, belle seulement en tel temps et non en tel autre, belle sous un rapport et laide sous un autre, belle en tel lieu et laide en tel autre, belle pour ceux-ci et laide pour ceux-là ; beauté qui n'a rien de sensible comme un visage, des mains, ni rien de corporel, qui n'est pas non plus tel discours ou telle science, qui ne réside pas dans un être différent d’elle-même, dans un animal, par exemple, ou dans la terre, ou dans le ciel, ou dans toute autre chose ; mais qui existe éternellement et absolument par elle-même et en elle-même ; de laquelle participent toutes les autres beautés, sans que leur naissance ou leur destruction lui apporte la moindre diminution ou le moindre accroissement, ni la modifie en quoi que ce soit. Quand, des beautés inférieures on s'est élevé, par un amour bien entendu des jeunes gens, jusqu’à cette beauté parfaite, et qu'on commence à l’entrevoir, on touche presqu'au but ; car le droit chemin de l'Amour, qu'on le suive de soi-même ou qu'on y soit guidé par un autre, c'est de commencer par les beautés d’ici-bas, et de s'élever jusqu’à la beauté suprême, en passant, pour ainsi dire, par tous les degrés de l'échelle, d’un seul beau corps à deux, de deux à tous les autres, des beaux corps aux belles occupations, des belles occupations aux belles sciences, jusqu’à ce que de science en science on parvienne à la science par excellence, qui n’est autre que la science du beau lui-même, et qu’on finisse par le connaître tel qu’il est en soi...
Prête-moi maintenant, Socrate, toute l’attention dont tu es capable. Celui qui, dans les mystères de l'Amour, se sera élevé jusqu’au point où nous en sommes, après avoir parcouru dans l'ordre convenable tous les degrés du beau, parvenu enfin au terme de l’initiation, apercevra tout à coup une beauté merveilleuse, celle, ô Socrate ! qui était le but de tous ses travaux antérieurs : beauté éternelle, incréée et impérissable, exempte d'accroissement et de diminution, beauté qui n'est point belle en telle partie et laide en telle autre, belle seulement en tel temps et non en tel autre, belle sous un rapport et laide sous un autre, belle en tel lieu et laide en tel autre, belle pour ceux-ci et laide pour ceux-là ; beauté qui n'a rien de sensible comme un visage, des mains, ni rien de corporel, qui n'est pas non plus tel discours ou telle science, qui ne réside pas dans un être différent d’elle-même, dans un animal, par exemple, ou dans la terre, ou dans le ciel, ou dans toute autre chose ; mais qui existe éternellement et absolument par elle-même et en elle-même ; de laquelle participent toutes les autres beautés, sans que leur naissance ou leur destruction lui apporte la moindre diminution ou le moindre accroissement, ni la modifie en quoi que ce soit. Quand, des beautés inférieures on s'est élevé, par un amour bien entendu des jeunes gens, jusqu’à cette beauté parfaite, et qu'on commence à l’entrevoir, on touche presqu'au but ; car le droit chemin de l'Amour, qu'on le suive de soi-même ou qu'on y soit guidé par un autre, c'est de commencer par les beautés d’ici-bas, et de s'élever jusqu’à la beauté suprême, en passant, pour ainsi dire, par tous les degrés de l'échelle, d’un seul beau corps à deux, de deux à tous les autres, des beaux corps aux belles occupations, des belles occupations aux belles sciences, jusqu’à ce que de science en science on parvienne à la science par excellence, qui n’est autre que la science du beau lui-même, et qu’on finisse par le connaître tel qu’il est en soi...
Le Banquet, Platon
Sunday, October 07, 2007
Friday, October 05, 2007
fragments
exhumances (fragmentaires) d'un blog (éphèmere)
"Je repense à ... qui est absent, et je pense que cette absence provoque en moi ce sursaut d'inquiétude. La douleur est telle qu'elle fait l'amour, dit Proust." (29 juillet 07 )
"Je repense à ... qui est absent, et je pense que cette absence provoque en moi ce sursaut d'inquiétude. La douleur est telle qu'elle fait l'amour, dit Proust." (29 juillet 07 )
*
"Alors du fond de l'abime (de cette région sans lieu, no man's land, khora vide, vidée par le désespoir, lieu sans contradiction, sans raison ni irraison d'où on part) c'est d'essayer de remonter, d'avoir la force de se réveiller dans l'autre vie, mouvement ascensionnel, ou creusant encore plus fond que les profondeurs, je ne sais, et cela équivaut au meme à la fin, si tant est qu'au bout il y a une sortie, une percée, qu'elle soit en Occident ou en Orient, Dehors ou Dedans." (24 juillet 07)
*
Ce fut l'automne et ce fut l'hiver. Ce fut rouge et vert. Ce fut le printemps. Bleu. Azur déchiré. Presque blanc. C'était. Ce fut. Noir. Le chaos lentement consommé. Bu à la coupe. On the rocks. Viens me chercher, j'ai dit, enlève-moi. Enlève-moi "il fait trop chaud dans cette putain de ville" sauve-moi. Ce moi il m'a coulé dans les mains ce mois de sable, ce temps d'eau, et j'ai gardé les cicatrices de tes caresses. "Je veux voir la neige en Afrique." Quelque chose comme une Odyssée intérieure.
*
"...Anchio a guardarmi bene vivo da millenni e vengo dritto dalla civiltà più alta dei sumeri, dall'arte cuneiforme degli scribi ... "
*
Mais où est passé Le poète, disait-elle, et je souriais, déçu ou satisfait. On peut tourner, se renverser, se sublimer ou s'autodétruire. Faire tomber un masque, en découvrir un autre, comme dans une pièce de théatre compliquée. Et Shakespeare, celui-là, j'ai tendance à l'oublier et on pourrait en faire un philosophe. On pourrait, on pourrait. Shakespeare, un théâtre antique et la mer. (août)
Thursday, October 04, 2007
Tuesday, October 02, 2007
suite
C'était la suite du mal d'archives et en même temps autre chose. Je me rappelais dans le calme apparent de rue Monge (rideaux oranges) je rappelais cette phrase : après ça on ne pourra plus écrire de poèmes et on ne pourra pas même dire pourquoi : on est fichus et l'homme est mort je demandais : tu n'aurais pas du café ?
Archives : on avait cherché avec Math avec l'innocence méthodique de lycéens passionnés - trop peut-être pas assez objectifs - dans l'histoire d'Hiroshima et l'évidence était que plus rien n'était évident, et sur chaque fait il y avait des rayons entiers de livres se renvoyant les uns aux autres se contestant s'entredéchirant.
L'impression très forte & très effarante que tout est atrocement compliqué & irrationnel, ou plutôt gouverné par une raison étrange faisant des calculs du type : en-tuer-un-là, ce-sera-en-épargner-deux-là-bas. La spirale se refermait inexorablement. La prochaine fois j'apporterai du café.
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