Sunday, September 30, 2007

H mon amour


"Tu n'as rien vu à Hiroshima... rien."
"J'ai tout vu à Hiroshima... tout."

Thursday, September 27, 2007

Mal d'archives

J'ai fouillé dans le passé avec la ferme décision d'y mettre de l'ordre : un quadrillage, un fichage aussi rigoureux que possible ; et évidemment c'est parti, ça m'a dépassé au bout de quelques dizaines dizaines de liasses de feuilles, strates archéologiques de souvenirs, c'était tourbillon dans ma tête partout, j'aime bien les coups de stress où l'on tourne comme un fou dans la chambre en écoutant Archive (comme par hasard, je commence à y croire à ces histoires)
un cercle digne de Dante-chant-cinq-les-luxurieux, et toutes les spirales des histoires : j'ai traversé d'un coup un siècle et demi, Nap-trois avec une tête de Gavroche et LamartineHugo - et les grands immeubles le Paris le Paradis depuis la bibliothèque de Tolbiac et tout et tout -
et une dissertation de Mathilde (?!) écrite avec cette graphie serrée serrée et qui cite Kafka pour ensuite devenir mystique, c'est tout à fait ça, mystikafkaïenne, et plus loin encore, plus bas, dans les presque-sous-sols, un texte de folie sur Médée Phèdre Tchekov Karamazov, de l'époque-première
L'effrayant et le désordre qui se range par le vide, le python-de-La-Recherche qui mange, qui se mange lui-même, l'oubli-déjà-souvenir, oui, y'a oubli-mais-souvenir-quand-même flou comme un soir d'automne brumeux, une grande très grande et très vaste place vide dans le souvenir, cette place vide qui s'ouvre et se creuse en style gouffre à chaque année de plus en plus, comme si j'ignorais de plus en plus, et que je retenais de moins en moins et que tout partait et tout est parti.

Tuesday, September 25, 2007

Leurre

"Le jeu de mot est l'Eros de l'art"
(J. Delteil)

J'ai supplié E. de revenir mais E. s'était perdue et elle ne voulait pas sortir. Il sommeillait. Il restait roulé en boule dans le lit bleu, tiède. Il avait un oreiller décoré de roses violettes et azur sur la tête. Il écoutait distraitement ce qui se chantait à la radio. La radio dégoûtait comme le monde dégoûtait. Effeuiller l'un puis l'autre des livres accumulés procurait un sentiment de joie légère mais comme perlé d'inquiétude. Combien de temps faudrait-il pour lire l'univers entier ?
Dix minutes, pas plus. Le temps d'un orgasme et vous aurez l'univers entier dans vos mains.
L'HEURE où il a commencé à pleuvoir. Grêle dans l'univers. Frêlons dans mon cerveau. Fourmis ailées. Espaces, raccourcis, couloirs. Escaliers, colimaçons. Fuyards, souvenirs, ombres, fantômes, fémurs, crânes. Crânes. Grondements de tonnerre. L'étrange leurre qui grimpe dans le coeur. Le lierre grandit et jette ses pampres avides, et mange, et se nourrit, racines plongées dans les sous-sols où...
C'était l'automne à peine, je pense, automne de flots d'ébène, pluie sur le bleu clair de la piscine déserte, et ces souvenirs. La peau tiède, la paillette aux lumières d'arc-en-ciel. Etcétera. Quelle nuit - quels jours - auront été, (véritablement, j'entends) ? J'ignore. Mensonge et sortilège, c'est le maître mot. Qui, donc, parle à travers moi, un, personne et cent-mille, combien d'êtres aimés prennent la parole, touchent à la virgule, remuent les souvenirs, les rêves, les revenirs ? J'hésite, je m'embrouille, je touche des mots à des gens évanouis. Je pense, enfin, à la mer Atlantique, à l'Océan. Les grands immeubles de Paris donnent sur la mer grise. Je pense à Yann.

Thursday, September 20, 2007

dans les sous sols de l'âme

J'efface. Je suis par effacement.
J'ignore. Je suis par ignorance.
J'ignore pourquoi le tourbillon s'arrête -
si je ne suis pas porté par lui, je descend dans le gouffre.

Je parie sur vous, pour parler Pascalien
Sur vous mais ce vous
devient un toi
et je parie sur toi.
Paris
et toi.
On m'a volé mes lettres
on m'a volé mes larmes
on m'a tout pris
et comme je n'ai plus rien
on ne peut plus rien m'enlever.
Dieu existe Dieu n'existe pas.

Personne n'a connu cette beauté
et cette tristesse
infinies comme une limonade
J'efface
Non je garde.
Encore une fois, je lance un dé.
Un dé
O les beaux jours que c'était
quand j'avais encore
quelque chose à perdre
JAMAIS
Quand il ne restera plus de souvenirs, plus de désirs, plus d'aspirations. Quand il ne restera plus de monde, plus de vie, plus de mort non plus. Quand le néant aura embrassé le monde. Alors l'heure que j'attends
L'HEURE
/
LE LIEU
RIEN

N'AURA

LIEU.

Thursday, September 13, 2007

Gel



Strindberg

Monday, September 10, 2007

Quand cinq ans seront passés



F.G. Lorca


LA FEMME : - Il y a à l'opéra de Paris de grands balcons qui donnent sur la mer ...


Quand cinq ans seront passés : ce sera cette année la cinquième au lycée, cinq ans autrement dit, un quart de ma vie, ça fait réfléchir, comme disait Marilyn, encore cinq ans, et ce sera le quart de siècle, ça fait réfléchir, Marilyn etcétera, c'est drôle d'enchaîner au cours d'histoire des souvenirs si vifs, si près, on frôle l'histoire et on finira par la faire sans le savoir.

Je recommence : Quand cinq ans seront passés, c'est surtout une "pièce itinérante" de G. Lorca.

Il lui dit : je t'aime, mais je ne suis pas assez sûr de ton amour.
Je pars. Cinq ans.
Il lui dit : quand cinq ans seront passés je serai de retour.
Cinq ans plus tard, il revient.
Les choses ne se passent pas comme prévu, évidemment. Mais on est loin de l'évidence.

Je l'appelle comme ça, pièce itinérante, où le temps s'étend, en cycle, spirale, lambeau, se détend, où le temps est un nontemps, temps infini ou jamais advenu. Où l'espace sort de la scène, tout dehors, s'ouvre au monde d'ici, de là haut et d'en dessous. Où le huis se déclôt.

Y en a plusieurs, comme ça, des pièces d'auteurs très différents. En commun un sentiment profond de solitude, d'exclusion, même, et de folie, stygmate du chemin du saint ou du criminel. Où est la différence, dirait-il, comédien et martyr, couronné de roses, chrysanthèmes, et genêts, feuilles, fleurs, dûment tachées de sang et de sperme.
Le chemin de Damas n'est jamais loin, le crime - et l'enfer - non plus, on frôle les deux bords en naviguant sur la folie, entre Dieu et l'Autre, on n'est pas loin d'une divine comédie, au fond ( au fond fond fond). Ce sera(it) bon, à voir, les tourbillons où se fracassent les corps luxurieux. Bientôt.


Saturday, September 08, 2007

Durian

"-Une mousse au Durian s'il vous plaît.
-Vous connaissez ?
- Non. Mais du riant, ça me paraît bon.
-C'est très très bon" dit la vieille pâtissière chinoise.
C'est très très bon, et c'est comme si dans les mots se glissait quelque chose d'angoissant, très.

La tête me tourne légèrement... ça doit être ça, reprendre, le rythme, le temps, le soleil et la fin, en même temps, de l'été. Une valse ou un rock j'entends la musique de la chambre de ma soeur, le bruit de la douche, maman chantonne, je pense : "les sous-sols de l'âme là où se joue l'attente", la chambre, la maison, la valse le piano, plein de petites choses emmêlées, perdues, désordonnées, retrouvées, reperdues. La mousse blanche, riante, onctueuse, dense et très sucrée, et puis étrange, l'arrière-goût de viande, de poisson, je ne sais pas, quelque chose qui dépasse le conceptuel.

Tuesday, September 04, 2007

Dedans

Oui il n'y a aucun doute, nous, revenus dans la bulle. D'après le film, la bulle, bubble, la bolla. blblblb. Il me manque encore quelque point, sur les i, ou quelques certitudes insaisissables ou quelques reflets. La bulle ?
Le bal, je pense, c'est peut-être le bal miroitant sur la plage, qui me manque tant et qui naît chaque jour, doucement, et retombe ensuite dans des gouffres d'oubli - - je me prends pour une certaine folie douce.
Je n'arrive pas à retenir le nombre de jeux de mots foireux qu'on a réussi à accumuler en quelques heures, ni à savoir exactement où tend l'heure, où tendent les phrases. Je me demande : que se passa-t-il ? Hier ? L'année dernière ? A l'origine ? En général ?
Comme si les nuits s'étaient fondues aux jours, comme si tout n'avait été qu'une aube ou un soir, c'est selon, et une série de strates disions nous de sables fins mêlés les uns aux autres -- c'était seulement une heure peut-être, une seule, l'ultima, où chaque minute sonnait d'un bruit différent, creux et profond, en fugue vers la prochaine qui ne viendra pas --
Ce n'était qu'un instant fulgurant.
Peut-on jamais avoir l'idée d'un tel état d'âme ? Confusion dans le calme et calme dans la confusion ? C'est qu'au fond j'attends les signes angéliques (ou la révélation du troisième pilier de Notre Dame) des mots comme ça (lancés) la balle à attraper au bond, traversant les dimensions.
N'importe quoi qui pourrait éclaircir la liquidité opaque du voile. Et crever la paroi de la bulle.
(Une flèche, une direction? Non, au moins cinq lancées vers des directions différentes Est Ouest Nord Sud et - ? - cinq, partant en étoile ou même six, comme Helgabale.)



Saturday, September 01, 2007

Maman est la reine de Saba




Et moi je suis le Prince de Transnistrie ^^

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