
F.G. Lorca
LA FEMME : - Il y a à l'opéra de Paris de grands balcons qui donnent sur la mer ...
Quand cinq ans seront passés : ce sera cette année la cinquième au lycée, cinq ans autrement dit, un quart de ma vie, ça fait réfléchir, comme disait Marilyn, encore cinq ans, et ce sera le quart de siècle, ça fait réfléchir, Marilyn etcétera, c'est drôle d'enchaîner au cours d'histoire des souvenirs si vifs, si près, on frôle l'histoire et on finira par la faire sans le savoir.
Je recommence : Quand cinq ans seront passés, c'est surtout une "pièce itinérante" de G. Lorca.
Il lui dit : je t'aime, mais je ne suis pas assez sûr de ton amour.
Je pars. Cinq ans.
Il lui dit : quand cinq ans seront passés je serai de retour.
Cinq ans plus tard, il revient.Les choses ne se passent pas comme prévu, évidemment. Mais on est loin de l'évidence.
Je l'appelle comme ça, pièce itinérante, où le temps s'étend, en cycle, spirale, lambeau, se détend, où le temps est un nontemps, temps infini ou jamais advenu. Où l'espace sort de la scène, tout dehors, s'ouvre au monde d'ici, de là haut et d'en dessous. Où le huis se déclôt.
Y en a plusieurs, comme ça, des pièces d'auteurs très différents. En commun un sentiment profond de solitude, d'exclusion, même, et de folie, stygmate du chemin du saint ou du criminel. Où est la différence, dirait-il, comédien et martyr, couronné de roses, chrysanthèmes, et genêts, feuilles, fleurs, dûment tachées de sang et de sperme. Le chemin de Damas n'est jamais loin, le crime - et l'enfer - non plus, on frôle les deux bords en naviguant sur la folie, entre Dieu et l'Autre, on n'est pas loin d'une divine comédie, au fond ( au fond fond fond). Ce sera(it) bon, à voir, les tourbillons où se fracassent les corps luxurieux. Bientôt.